Louis Aragon

Toutes les paroles du monde quand à la fois je te les aurai données
Toutes les forêts d’Amérique et toutes les moissons nocturnes du ciel
Quand je t’aurai donné ce qui brille et ce que l’œil ne peut pas voir
Tout le feu de la terre avec une coupe de larmes
La semence mâle des espèces diluviennes
Et la main d’un petit enfant
Quand je t’aurai donné le caléidoscope des douleurs
Le cœur en croix les membres roués
L’immense tapisserie des hommes martyrisés
Les écorchés vivants à l’étal suppliciaire
Le cimetière éventré des amours inconnues
Tout ce que charrient les eaux souterraines et les voies lactées
La grande étoile du plaisir dans l’infirme le plus misérable
Quand j’aurai peint pour toi ce vague paysage
Où les couples se font photographier dans les foires
Pleuré pour toi les vents chanté que mes cordes en cassent
La messe noire de l’Adoration perpétuelle
Maudit mon corps avec mon âme
Blasphémé l’avenir et banni le passé
Fait de tous les sanglots une boîte à musique
Que tu oublieras dans l’armoire
Quand il n’y aura plus de rossignols dans les arbres à force de les jeter à tes pieds
Quand il n’y aura plus assez de métaphores dans une tête folle pour t’en faire un presse-papiers
Quand tu seras lassée à mourir du culte monstrueux que je te voue
Que je n’aurai plus ni voix ni ventre ni visage et les pieds et les mains sans place pour les clous
Quand les verbes humains auront tous dans mes doigts brisé leur verre
Et que ma langue et mon encre seront sèches comme une station expérimentale pour les fusées interplanétaires
Et les mers n’auront plus laissé derrière elles que la blancheur aveuglante du sel
Si bien que le soleil ait soif et la lumière sur ce parquet de trémies oscille
Le schiste éteint le firmament amorphe et l’être à jamais épuisé de métamorphoses

*

Quando tutte insieme le parole del mondo ti avrò dato
Tutte le foreste d’America e tutte le messi notturne del cielo
Quando ti avrò dato ciò che brilla e ciò che l’occhio non può vedere
Tutto il fuoco della terra come una coppa di lacrime
Il seme maschile delle specie diluviane
E la mano di un bambino
Quando ti avrò dato il caleidoscopio dei dolori
Il cuore in croce le membra spezzate
L’arazzo immenso delle genti torturate
Gli scorticati vivi sul palco del supplizio
Il cimitero sventrato degli amori sconosciuti
Tutto ciò che trasportano le acque sotterranee e le vie lattee
La grande stella del piacere nell’infermo più miserabile
Quando ti avrò dipinto questo vago paesaggio
In cui le coppie si fanno fotografare alle fiere
Pianto i venti per te cantano fino a spezzarmi le corde
La messa nera dell’Adorazione perpetua
Maledetto il mio corpo e maledetta la mia anima
Bestemmiato l’avvenire e bandito il passato
Fatto di tutti i singhiozzi un carillon
Che dimenticherai nell’armadio
Quando non vi saranno più usignoli negli alberi a furia di lanciarli ai tuoi piedi
Quando non vi saranno più metafore in una mente folle per fartene un fermacarte
Quando sarai sfinita dal culto mostruoso che ti tributo
Quando non avrò più voce né ventre né volto e piedi e mani non avran più spazio per i chiodi
Quando tutti i verbi umani avranno infranto nelle mie dita il loro vetro
E la mia lingua e il mio inchiostro saranno inariditi come una stazione sperimentale per razzi interplanetari
E i mari non si saranno lasciati dietro che il candore accecante del sale
Così che il sole abbia sete e la luce oscilli su quel pavimento di cristallo
Lo scisto spento il firmamento amorfo e l’essere per sempre spossato dalle mutazioni

Io inventerò per te la rosa

Poesie d’amore (Crocetti Editore, 1984), trad. it. F. Bruno

Oscar Vladislas de Lubicz Milosz


La straniera

Non sai nulla del tuo passato. L’hai sognato
– Sì, certamente, l’hai sognato.
Vedo il tuo volto alla luce grigia della pioggia.
Novembre seppellisce il paesaggio e la mia vita.
Non so nulla, nulla voglio sapere del tuo passato.

I tuoi occhi mi parlano di brumose città lontane
Che mai vedrò
E mai dalla tua voce sentirò pronunciarne il nome.
Novembre è su tutta la mia anima, novembre è su tutta la pianura.
Ti vedo come una sconosciuta attraverso il Tempo che fu.

Sono cose morte ormai da anni,
– Irrimediabilmente morte –
Musiche soffocate, vizze lussurie.
Novembre, ne sono certo, è dietro la porta.
Nel tuo cuore vedo vivere quel che il tuo cuore dimentica.

La tua anima è lontana, lontanissima da qui. La tua anima straniera
È una notte di bruma,
Di bruma e pioggia sporca sui faubourg
Dove la vita ha il colore freddo della terra,
Dove uomini moriranno senza aver conosciuto l’amore.

Un tempo mi hai già incontrato, lo ricordi?
Sì, un tempo tristemente lontano,
Nel paese dei libri antichi e delle antiche musiche,
Nell’azzurro crepuscolo di una casa tranquilla
Dalle finestre letargiche.

Il fantasma delle parole che non ricordi
O che non hai pronunciato,
Dona uno strano senso alla tua presenza lontana.
Decifro nel libro del tuo silenzio
La tua storia morta per sempre, perfino per te.

La mia pallida ragione è un’illusione di chiarezza,
Un giorno di sole antico
Sulla strada dove la tua gioia incontrò il tuo dolore.
Tutto ciò forse non è mai stato
Ma se te lo rivelassi, moriresti di paura.

È triste come un giorno d’inverno in periferia
Dove incede la morte cittadina,
Come la malattia e il lutto in un lungo equivoco,
Come un rumore di passi in una casa sconosciuta
Come le parole «il tempo che fu» quando l’ombra è sul mare.

Non voglio saper nulla del tuo passato. Vedo
Spegnersi il giorno,
L’ultimo giorno sul tuo volto e sulle tue mani.
Lasciami il piacere d’ignorare le strade
Per le quali il caso ha saputo guidarti fino a me.

Ritrovo nei tuoi occhi la realtà dei sogni,
Sogni sognati ai vecchi tempi
E visioni sbocciate al sole della vita.
Nella penombra avvelenata dalla pioggia
Tutta un’eternità volge al termine.

Riconosco in te esseri misteriosi,
Viaggiatori dalle mete segrete
Incontrati un tempo nella bruma delle stazioni
Dove tutti i rumori hanno la cadenza degli addii.
A volte hai persino l’aria di una fiera

Con le sue luci in lacrime e i suoi fetori
Di muffa e vizio,
Con la sua miseria e la gioia malata delle sue musiche.
Ricordi di nostalgiche case da gioco
Si mescolano al caos del mio nervosismo.

Se me ne andassi, se chiudessi la porta, che faresti?
Sarebbe forse
Come se i tuoi occhi non m’avessero mai visto.
Il rumore dei miei passi morrebbe senza eco sulla strada
E solo notte io vedrei alle tue finestre.

È come se tu dovessi lasciarmi oggi
Subito e per sempre
Senza farmi sapere da dove vieni, dove vai.
Piove sui grandi giardini spogli, la tua anima ha freddo,
Novembre seppellisce il paesaggio e la mia vita.

Sinfonia di Novembre e altre poesie (Adelphi, 2008), trad. it. M. Rizzante

L’Étrangère

Tu ne sais rien de ton passé. Tu l’as rêvé,
– Oui, sûrement tu l’as rêvé.
Je vois ton visage dans la lumière grise de la pluie.
Novembre ensevelit le paysage et ma vie.
Je ne sais rien, je ne veux rien savoir de ton passé.

Tes yeux me parlent de brumeuses villes lointaines
Que ye ne verrai jamais
Et dont jamais je n’entendrai le nom dans ta voix.
Novembre est sur toute mon âme, novembre est sur toute la plaine.
Je te vois inconnue à travers Autrefois.

Ce sont des choses depuis longtemps mortes,
– Mortes irrémédiablement –
Des musiques étouffées, des luxures flétries.
Je suis sûr que novembre est derrière la porte.
Je vois vire en ton cœur ce que ton cœur oublie.

Ton âme est loin, bien loin d’ici. Ton âme étrangère
Est une nuit de brume,
De brume et de bruine sale sur des faubourgs
Où la vie a la couleur froide de la terre,
Où des hommes mourront, sans avoir connu l’amour.

Tu m’as déjà rencontré jadis, t’en souvient-il,
Oui, jadis, tristement jadis,
Au pays des vieux livres et des vieilles musiques,
Dans íe crépuscule bleu d’une maison tranquille
Aux fenêtres léthargiques.

Le fantôme des paroles dont tu ne te souviens pas
Ou que tu ne prononças pas,
Donne un seni si bizarre à ta lointaine présence.
Je déchiffre dans le livre de ton silence
Ton histoire morte à jamais, même pour toi.

Ma raison plâe est une illusion de clarté,
Un jour de soleil ancien
Sur la route où ta joie rencontra ta douleur.
Tout cela n’a peut-être jamais été
Mais si je te le disais, tu mourrais de peur.

C’est triste comme un jour d’hiver sur les banlieues
Où chemine la mort de la ville.
Comme la maladie et le deuil dans un mauvais lieu,
Comme un bruit de pas dans une maison étrangère
Comme le mot jadis quand l’ombre est sur la mer.

Je ne veux rien savoir de ton passé. Je vois
S’éteindre le jour,
Le dernier jour sur ton visage et sur tes mains.
Laisse-moi la douceur d’ignorer les chemins
Où le hasard a su te guider jusqu’à moi.

Je retrouve en tes yeux des réalités de rêves,
De rêves rêvés dans le vieux temps
Et des visions écloses au soleil de la vie.
Dans le demi-jour empoisonné de la pluie
On dirait que toute une éternité s’achève.

Je reconnais en toi des êtres mystérieux,
Des voyageurs au but secret
Rencontrés autrefois dans la brume des gares
Où tous les bruits ont des inflexions d’adieux.
Parfois aussi tu m’es une atmosphère de foire

Avec ses lumières en pleurs et ses relents
De moisissure et de vice,
Avec sa misère et lajoie malade de ses musiques.
Des souvenirs de maisons de jeu nostalgiques
Se mêlent au chaos de mon énervement.

Si je sortais, si je fermais la porte, que ferais-tu?
Ce serait peut-être
Comme si tes yeux ne m’avaient jamais connu.
Le bruit de mes pas mourrait sans écho dans la rue
Et je ne verrais que la nuit à tes fenêtres.

C’est comme si tu devais me quitter aujourd’hui
Tout de suite et pour toujours
Sans songer à me dire d’où tu viens, où tu vas.
Il pleut sur les grands jardins nus, tonâme a froid,
Novembre ensevelit le paysage et ma vie.

David Lespiau


articulations de chair
estampes raclées
placées autour du corps
le sommeil plaqué au ciel
sous une feuille de peaux mortes
se modifie le visage
verticalement

Récupération du sommeil (Héros-Limite, Genève, 2016)

*

articolazioni di carne
stampe raschiate
posizionate intorno al corpo
il sonno schiacciato al cielo
sotto una sfoglia di pelle morta
si modifica il volto
verticalmente

Versione italiana tradotta da Laura Giuliberti con l’autore

Paul Verlaine

Ph. Léopold Poiré

A Horatio

Ami, le temps n’est plus des guitares, des plumes,
Des créanciers, des duels hilares à propos
De rien, des cabarets, des pipes aux chapeaux
Et de cette gaîté banale où nous nous plûmes.

Voici venir, ami très tendre qui t’allumes
Au moindre dé pipé, mon doux briseur de pots,
Horatio, terreur et gloire des tripots,
Cher diseur de jurons à remplir cent volumes,

Voici venir parmi les brumes d’Elseneur
Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur,
Qu’Ophélia, l’enfant aimable qui s’étonne,

C’est le spectre, le spectre impérieux ! Sa main
Montre un but et son oeil éclaire et son pied tonne,
Hélas ! et nul moyen de remettre à demain!

*

A Orazio

Amico, non è più il tempo delle chitarre, delle piume,
dei creditori, dei duelli allegri a proposito
di nulla, dei cabarets, dellle pipe a fornello
e di quella banale allegria di cui ci compiacemmo.

Ecco che viene, tenerissimo amico che ti incendi
per un dado truccato, mio dolce distruttore di brocche,
Orazio, terrore e gloria delle bische,
caro bestemmiatore da riempirne cento libri,

ecco che viene tra le nebbie di Elsinore
qualcosa di meno piacevole, sul mio onore,
di Ofelia, l’amabile fanciulla stupefatta.

È lo spettro, lo spettro imperioso! La sua mano
indica un punto e il suo occhio lampeggia e il suo piede batte,
ahimè! e nessun modo di rinviare a domani!

Poesie (Garzanti, 2005), a cura di Lanfranco Binni

Marguerite Yourcenar

Chiaroscuro: per Jean Cocteau

Chiaroscuro, ombra insidiosa
dove si muovono senza rumore statue,
una voce melodiosa
vi bisbiglia le cose taciute.

Enigmi che il cuore risolve,
segreti pagati molto caro,
ogni saggio è il discepolo di un folle,
ogni anima si ammaestra con la carne.

 

I doni di Alcippe (Bompiani, 1999), trad. it. M. Murzi

Philippe Jaccottet


Adesso so che non possiedo nulla,
neppure l’oro delle foglie fradicie,
né questi giorni che a gran colpi d’ala
vanno da ieri a domani, rimpatriano.

Lei fu con loro, pallida emigrante,
tenue beltà coi suoi segreti vani,
brumosa. E ora condotta certamente
via, tra i boschi piovosi. Come prima

eccomi in faccia a un irreale inverno,
ricanta il ciuffolotto, unica voce
che insiste, come l’edera. Ma il senso

chi lo puo dire? E la salute scema,
simile oltre la nebbia al fuoco breve
che un vento glaciale smorza… Ed è già tardi.

Rivista “Poesia” (n. 233 Dicembre 2008), a cura di Fabio Pusterla

Jean-Charles Vegliante

Quasi un madrigale

Madre, lo sai che ormai
potrei essere tuo nonno?!
E con ciò vorrei farti ridere
là dove sei – se sei – e
compensare un poco il male
che ti è stato fatto un giorno
per sempre, fredda madre,
da noi vivi – anche da me –
“sedicenti / vivi” (Montale).
Dal fogliame qualcuno ride.

Incontri, seguito da altre Babeli (Interno Poesia Editore, 2023)

Acquista ora

André Gide

Quest’anno cara, non c’è stata primavera;
Non canti sotto i fiori e non fiori leggeri,
Non risa e metamorfosi, né Aprile;
Non avremo intrecciato le ghirlande di rose.

Chini eravamo al chiarore delle lampade
Ancora, e su tutti i libri dell’inverno
Quando ci ha sorpreso un sole di settembre
Pavido e rosso e come anemone di mare.

Mi hai detto: ”Guarda! Ecco l’Autunno.
Dunque, è stato un sonno il nostro?
Se dobbiamo vivere ancora
Tra questi in-folio, rischia di diventar monotono.

Forse, è fuggita ormai una primavera
Senza che la volessimo apparire;
Perché in tempo parli a noi l’aurora,
Apri le tende delle finestre”.

Pioveva. Le lampade abbiamo ravvivato
Impallidite per quel sole rosso
E ci siamo rituffati nell’attesa
Della chiara primavera che è alle porte.

 

Rivista “Poesia” (n. 84, maggio 1995), traduzione di Roberto Rossi Precerutti

Jean Follain


Il tempo penetra le immagini
rendendo lontani i corpi
nudi o vestiti
sopra la tela ombrata
lo scarlatto di un mantello
getta la sua macchia come un pugno
un cubo si riempie d’acqua vibrante
una linea trasalisce
la mano che pettinava
non è più che ossa bianche.
Non ne possono più
né la chiave rimasta nella porta
né la pelle di un braccio illividito;
più nera delle altre
una nuvola
cambia la luce.

Poesia francese del novecento (Bompiani, 1985), a cura di V. Accame

Marcel Proust


Stanco d’aver sofferto, e più d’avere amato,
dopo avermi ammaliato con le sue lontananze,
rinserra intorno a me la vita il cerchio uguale,
melancolicamente si ripiega e stupisce.
Il commovente autunno ascoltando, chi sa
se soffochi un singhiozzo o s’impedisca un canto
solenne come l’ora e, come questa, ambiguo.
Superava una svolta, senza saperlo, il cuore.

 

Rivista “Poesia”, traduzione di Roberto Rossi Precerutti n.199, novembre 2005